BOZOC PEINTRE SCULPTEUR


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texte critique art

Sculptures


JEAN-PAUL GAVARD-PERRET CRITIQUE D’ART


BOZOC L’ICONOCLASTE

Bozoc sculpte essentiellement des corps. On devrait dire plutôt LE corps. A cela une raison majeure que l’artiste définit ainsi : « Mon travail s'attache à une contre-lecture de l'individu, trahison des mains et des faciès, les non-dits, les souffrances du corps et de l'esprit, les petites lueurs d'espoir, les grands bonheurs, les moments d'errance » . C’est la manière de sculpter le Fatum. De fondre mais aussi de faire fondre la camisole de la raison, de traverser les mesures du temps comme une octave, la vie l’ayant cousue sur un fil dont elle est la cause. Face aux éléments de sociabilisation esthétique qui se déploient sous formes de contraintes et d’obligations il s’agit pour l’artiste de sortir du moulage, du pré-formaté. Comme la vie en sort. Cela peut rendre fou, et malgré cela, dans l’œuvre la présence et l’absence font l’effet d’une forme autant d’adhésion que d’aliénation. Par moment Bozoc peut vouloir se sentir pousser à l’oubli. Mais en elle résiste une force plus forte que la volonté de l’oubli. Cela n’est pas simple et l’existence devient une vie double - qui n’est pas pour autant une double vie. Soudain la sculpture encercle l'absence, viole l'indicible, se moque des chastetés intelligibles. Un travail d’absorption des formes fomente leurs réincarnations comme autant d’aveux. Bozoc avance dans la part obscure qui nous fait. Elle tente de la saisir en un dialogue avec la matière. Emportés dans ses remous autant le vide dévoilée que la matière dévorante surgissent de manière agissante là où le corps percute nos yeux. Bozoc rentre dans sa matière. Elle en dégage des formes importantes, violentes parfois même hurlantes et assassines. Au fur et à mesure les surfaces se hérissent, gonflent prêtes à éclater. Il n’y a plus de hors image comme il n’y a pas de hors texte.

Tout est là dans cette figuration qui se dépasse elle-même non pour une transfiguration mais une re-présentation. Il faut donc rechercher l’intentionnalité dans les travaux de Bozoc plus que leur déchiffrage. Bozoc propose un acte iconoclaste. La destruction de l’humain en tant que symbole parfait afin de lui redonner une sorte de littéralité suffocante. La sculpture n’est plus la matérialisation d’un fantasme. Elle devient la destructuration de l’image du corps par sa nouvelle production. On peut parler de mise à mal du fétichisme de l’icône par son propre anéantissement. Se crée en conséquence la vision d’un être en état d’urgence. On éprouve son trauma récurrent qui l’empoisonne et l’emprisonne. On sent aussi .parfois son appel à l’apaisement. Surgissent des corps dévoilés, écorchés, à demi brûlé ou consumés d’amour. Bozoc perce la coque du scarabée jusqu’à la faire éclater dans une expérience majeure. En effet si l’artiste est aussi peintre et musicienne c’est dans sa lutte avec la sculpture à naître qu’elle trouve sa dimension majeure. En surgit ce qui la rassemble et la dissout pour être celle qu’elle est, qu’elle devient. Face au chaos qui morcelle et contraint la sculpture parle l’intériorité des êtres. Elle lui donne du volume. Tous les savoirs faire que l’artiste possède sont enfouis et réunis dans sa statuaire vitale et nécessaire. A l’esclavage du monde des images visibles, Bozoc préfère ses incarcérations libres. C’est là sa part textuelle et sexuelle. Toutes les complémentarités et possibilités y sont incluses dans une énigme fascinante et inquiétante.



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